La Sainte Catherine est le moment par excellence pour réaliser nos plantations d’arbres et d’arbustes ; c’est aussi le moment choisi pour effectuer des transplantations. Un arbre ou un arbuste mal placé qui visiblement végète, ou montre des difficultés à s’implanter peut être replanté ailleurs : pour cette opération, il est simplement nécessaire de ne pas procéder n’importe comment, mais de suivre quelques règles. La reprise de votre plante n’en sera que meilleure et plus rapide.
Quelques rappels de base
La plupart des arbres et des arbustes de nos régions tempérées, passent la saison hivernale à l’état de repos végétatif pour épargner leurs feuilles et leurs fleurs et éviter ainsi d’exposer au gel prolongé des organes plus ou moins fragiles.
Cet état de repos s’installe chez les végétaux ligneux habituels de nos jardins quand les jours commencent à raccourcir. Les feuilles, alors, commencent à tomber, et l’arbre ou l’arbuste caduque se dénude. En même temps il prépare des bourgeons qui sont des feuilles en germe, bourrés de réserve et protégés par des écailles coriaces. L’arbre alors attend les beaux jours ayant protégé lui-même ce qui en lui était fragile et évité aussi de perdre une eau précieuse habituellement gérée par ses feuilles.
Toute transplantation, même parfaitement réalisée provoque immanquablement le sectionnement d’un certain nombre de racines. Ces racines plus ou moins importantes correspondent à des tiges proportionnelles dans la partie aérienne : si elles sont sectionnées sévèrement, elles ne peuvent plus alimenter la ou les tiges qui leur correspondaient. Pour accompagner cette opération, il est donc indispensable de procéder à la taille d’une partie racinaire proportionnelle à la partie aérienne afin d’équilibrer l’ensemble et favoriser ainsi une bonne reprise.
Mais n’oublions pas non plus, qu’une transplantation bien effectuée apporte les effets bénéfiques d’un renouvellement de racines (lequel permettra ensuite un nouvel ancrage de l’arbre ou de l’arbuste), d’un nouveau support de culture et souvent d’un nouvel éclairage, tous trois propices au futur développement de ma plante.
Quelle époque de l’année est la meilleure pour cette opération ?
C’est précisément pendant ce repos végétatif que la transplantation est possible. L’arbre n’est pas en pleine activité et dans des conditions de climat qui le sollicitent particulièrement, il pourra donc récupérer en
quelques sortes plus facilement et doucement.
L’automne, et particulièrement à partir de la Sainte Catherine, reste la meilleure période pour cette opération, à cause du temps en général propice à l’activité racinaire puisque frais et humide. En cette saison, il n’y a que peu de risque de sécheresse alors que le printemps réserve des périodes d’ensoleillement plus longues et des journées plus chaudes. Préférez donc la période automnale pour cette opération, en dehors, bien sûr des jours de gel.
Si vous ne pouvez pas attendre l’automne suivant pour réaliser vos transplantations, prévoyez une journée de printemps couverte plutôt fraîche, et arrosez copieusement la plante transplantée.
Concrètement, comment je m’y prends?
Pour un persistant :
1) Commencez par préparer la plante à transplanter : bêchez autour en essayant de vous éloigner un peu du centre de la plante. Placez le fer de bêche à la limite de frondaison au sol. Ainsi vous vous limitez à sectionner uniquement les radicelles.
2) Bêchez en rond puis creusez progressivement en enfonçant de plus en plus le fer de bêche. Au fur et à mesure que vous creusez, vous rétrécissez l’ouverture.
3) Sectionnez progressivement les racines sans tirer sur les tiges afin de ne pas casser la motte. L’opération est plus longue et délicate mais le résultat et la reprise sont à ce prix.
4) Une fois que toute la motte semble indépendante du sol, et qu’aucune racine ne la retient plus, utilisez un filet à pommes de terre ou un sac plastique pour l’envelopper délicatement. Toujours avec délicatesse, transportez-la à l’endroit choisi pour la plantation, et positionnez-la sans enterrer la base de la tige de la plante (collet).
5) Arrosez, même s'il pleut, le pied de la plante généreusement en plusieurs fois afin de mouiller et de favoriser le tassement naturel de la terre sur les racines. En effet, une plante persistante possède des feuilles qui ne permettent pas toujours correctement l’acheminement de l’eau jusqu’au niveau des racines.
Pour un caduc :
Le procédé est le même que pour la plante persistante, à la différence de la motte qui n’est pas indispensable. Cependant, un soin particulier doit être donné à la plante tout le temps de l’arrachage afin de limiter le sectionnement des racines principales et de réaliser des coupes franches et propres sur les racines secondaires. Il n’est pas recommandé de tirer sur la tige pour extraire les racines du sol, mais de préférer l’utilisation d’une bêche bien affûtée et longue (louchet) qui permettra un travail propre et rapide.
Il est indispensable de garder une bonne proportion entre les racines et les tiges.
Avant de replanter, procédez en habillant votre arbre ou arbuste à l’aide d’un sécateur bien aiguisé et pralinez ensuite les racines.
N’oubliez pas d’arroser copieusement en plusieurs fois.