Avant de planter mes arbres fruitiers il est indispensable de connaître la manière de procéder : car la bonne plantation est déterminante pour de beaux arbres fruitiers !
Quelles sont les plantes concernées ?
Tous les arbres fruitiers à noyau ou à pépins sont maintenant conditionnés
- en racines nues, c’est à dire que les racines sont libres (ni motte, ni conteneurs) et seulement jaugées (maintenues au frais) dans la terre en attendant la plantation,
- en conteneurs, c’est à dire que les racines sont en pot plastique avec de la terre
- en mottes ou tontines, les racines étant maintenues serrées avec la terre de culture dans un filet ou un panier plastique.
Quand puis-je planter ?
Il est préférable de planter les arbres fruitiers conditionnés en racines nues pendant le repos complet de végétation, c’est à dire quand les feuilles sont tombées ou absentes d’octobre à fin mars. Pendant l’hiver, il s’agit surtout d’éviter de planter en période de gelée, de toutes façons, le sol est souvent impraticable et en période particulièrement humide, car le sol peut-être saturé d’eau. Pour les plantes conditionnées en conteneurs et mottes, la plantation peut être effectuée toute l’année à l’exception toujours de périodes de gelée et de fortes intempéries ou au contraire des période de sécheresse.
Pratiquement, comment dois-je m’y prendre ?
Je pratique l'habillage
Je commence par pratiquer l’habillage de ma plante si elle est conditionnée en racines nues, c’est à dire que je taille en proportion la partie aérienne de l’arbre pour équilibrer la perte de racines occasionnée par l’arrachage en pépinière.
Sur la partie aérienne de la plante, je supprime les branches cassées, ou abîmées pendant le transport ou la préparation de la plante. , la taille initiale doit être sévère et ramener les pousses à 1/3 de leur taille de départ, c’est à dire qu’il s’agit de laisser environ 3 ou 4 œils sur chacune des pousses. Des petites pousses existent sur les pêchers et les cerisiers et ces petites pousses sont des tire-sève pour les rameaux, ils doivent donc être conservés en partie.
Sur les fruitiers à pépins, la taille initiale est un peu plus douce car ces arbres ont une bonne reprise : elle consiste à réduire la branche de 1/3 à 2/3 suivant qu’elle est disposée horizontalement, obliquement ou verticalement. Sur une branche verticale la taille est toujours plus sévère car elle se développe avec plus de vigueur, contrairement à une branche horizontale qui est toujours plus faible. Cette règle de taille initiale est valable pendant les premières années de croissance de l’arbre et peut être appliquée pendant environ 4-5 ans.
Enfin, sur les fruitiers à noyau et à pépins, j’effectue un petit contrôle sur les racines, en coupant proprement les racines chevelues, et en réduisant celles qui sont cassées ou écrasées.
Je praline les racines
Je peux effectuer le pralinage des racines en les trempant quelques minutes dans un mélange d’eau d’argile, de boue et d’hormone de croissance. Cette pratique optimise les chances de reprise de la plante, en évitant le dessèchement des racines chevelues depuis l’arrachage en pépinière. Cette opération n’est pas nécessaire si le sol est frais, la pratiquer uniquement si le sol est plutôt sec, ou si l’exposition est venteuse ou desséchante.
Si c’est une plante en conteneur ou en motte, je baigne le conteneur quelques instants dans de l’eau (j’attends que les bulles cessent) ou j’humidifie délicatement la motte ; juste avant de planter je retire paniers, filets, et conteneurs en prenant bien soin de ne pas casser la motte. Je conserve les racines ou la motte préparée à l’abri des rayons du soleil et du vent sous un sac de jute ou autre voile de protection, le temps de préparer le trou de plantation.
Je prépare le trou de plantation et je plante
Je prépare le trou de plantation et dispose le tuteur solidement enfoncé.
Je prévois un trou de plantation qui puisse recevoir toutes les racines de l’arbre sans que celles-ci ne touchent les bords. Je compte une profondeur de 1 fois et ½ la hauteur du système racinaire. Je repère le collet sur l’arbre à planter pour qu’il ne soit pas enterré ni recouvert de terre. Je dispose et plante le tuteur solidement côté exposé au vent dominant. Je conserve la terre végétale retirée du trou de plantation sur un côté, puis ajoute terreau de plantation et engrais adapté en granulés. Je casse le fond du trou pour ameublir la « semelle » et favoriser la pénétration future des racines et j’ajoute de la terre végétale dans le fond du trou.
J’effectue la plantation proprement dite
Je dispose l’arbre dans le trou de plantation en prenant soin de le maintenir soulevé et non posé au fond : il est préférable d’être deux pour que le deuxième puisse recouvrir progressivement les racines pendant que le premier secoue régulièrement la plante (la terre petit à petit s’insinue au milieu de toutes les racines jusque dans le fond du trou cela afin d’éviter les cavités d’air entre les racines néfastes à la reprise.
Je contrôle la position du collet qui doit nettement sortir du trou, je tasse avec le pied plusieurs fois, tout en finissant de recouvrir le trou. Je crée une petite cuvette qui recevra l’eau d’arrosage et lui permettra de s’infiltrer progressivement au niveau des racines sans ruisseler. J’arrose en deux passages pour une bonne pénétration d’eau. J’attends quelques temps (environ 5-6 semaines) avant de placer le lien fixant le tuteur à l’arbre car la terre fraîchement retournée doit se combler et le lien fixé trop tôt risquerait d’abîmer l’écorce tendre du jeune sujet.