Les cactus, et plus généralement les plantes dites succulentes, ont toujours fasciné petits et grands : comment ces plantes parfois presque monstrueuses pour certaines, arrivent-elles à attirer autant notre attention ? C’est peut-être parce qu’elles sont l’image d’une ténacité et d’une fabuleuse capacité d’adaptation.
Originaires pour la plupart de régions du monde désertiques ou semi-désertiques, elles sont pour nous les illustrations vivantes de ces régions reculées inaccessibles et aux conditions de vie extrêmes. Leur silhouette inattendue, leur apparente rudesse cache un trésor de beauté lorsque apparaît la floraison : en effet, celle-ci est incomparablement colorée, généreuse, en un mot « splendide » et contraste pour chaque espèce avec l’allure du cactus qui l’arbore alors comme un trophée.
Connaître l’habitat naturel des cactus permet de mieux les cultiver
Ces plantes que nous trouvons acclimatées dans tout jardin botanique qui se respecte, à l’intérieur de la serre dite aride, ou dans nos intérieurs pendant l’hiver, ont la particularité de s’être adaptées progressivement, dans leur habitat naturel, à des conditions de vie extrêmes de sécheresse et de soleil ou au contraire de grand froid. Ainsi ont-elles dû adapter la taille de leurs organes pour survivre pendant les longues sécheresses : dans le Sud de la France, la plupart des arbustes et des arbres caduques perdent leurs feuilles pendant l’été, pour survivre pendant la longue période estivale chaude et parfois très peu humide, alors qu’ils les perdent dans la partie Nord de la France ou en montagne, pendant la saison hivernale : c’est l’indispensable période de dormance : en effet, les feuilles qui sont les organes qui permettent à l’arbre de rejeter sous forme de transpiration, le surplus d’eau absorbé, deviennent inutiles pendant l’hiver ou en montagne, lorsqu’il fait très froid, et pendant l’été très chaud et sec dans les régions méditerranéennes.
Lorsque les conditions de climat très difficiles deviennent en plus très longues, les plantes qui veulent survivre doivent s’adapter et modifier leurs organes aériens ou souterrains : éliminer ou réduire fortement les organes qui transpirent devient une question de vie ou de mort : ainsi les feuilles des cactus ont-elles été réduites à la forme d’épines. Le plus souvent, ce sont les tissus de la tige ou des racines qui deviennent les éléments de stockage du précieux liquide qu’est alors l’eau.
Les plantes succulentes peuvent également être épiphytes dans leur milieu naturel c’est-à-dire vivre suspendues aux arbres sans pour autant les parasiter : ces derniers ne sont que les supports. Leur port est alors retombant, ce sont par exemple les Schlumbergera, à cultiver à mi-ombre.
Comment différencier plantes grasses et cactus ?
La grande famille d
es plantes succulentes comporte des espèces diverses. Ces plantes dites grasses ont développé de manière plus ou moins importante des organes de stockage de l’eau, dans leur tige, leurs feuilles ou leurs racines, pour s’adapter à des conditions de vie plus ou moins difficiles.
Les cactus ont le record d’adaptation à ces conditions extrêmes et ont déployé des trésors d’ingéniosité pour survivre, d’où leurs formes et leur aspect souvent surprenants. Ils ont développé une tige épaisse et charnue caractéristique, et ont réduit leurs feuilles à des épines, pour limiter au maximum la transpiration. Ils peuvent être de forme colonnaire tels que les Cereus et Pachycereus, certains Oreocereus, les cactus-cierges ou Neobuxbaumia; de forme sphérique tels que les Astrophytum, les Blossfeldia, les Melocactus et les Oroyas épineux, les Parodia, certains Echinopsis, les Mammillaria ou cactus-coussin, munis de crochets, les Rebutia, aux fleurs généreuses et vivement colorées, les Sclerocactus qui de plus produisent une longue racine charnue. Les Aporocactus ont des tiges épaisses rampantes ; les Neoporteria comportent un ensemble de tiges formant des touffes épineuses. Les figuiers de Barbarie ou Opuntia, forment des tiges épaisses ramifiées formant les « raquettes » plates caractéristiques et si connues sur la côte d’Azur. Les tiges peuvent être rubanées et articulées comme chez les Epiphyllums, les Nopalxochia, et les Schlumbergera (retombant) genres très proches appelés cactus de Noël.
Certaines plantes succulentes ont développé des tiges et des feuilles charnues : ce sont les Kalanchoés bien connus de nos intérieurs, ou les pourpiers ou Portulaca, ces semi-succulentes sont de grandes habituées de nos jardinières et balconnières à cause de leurs couleurs chatoyantes pendant tout l’été et de leur résistance à la sécheresse. Chez les Sedum, il existe une grande gamme d’espèces diverses par leur port, leur feuillage, leur taille. Un grand point commun réside dans la forme de la fleur qui reste immuable d’une espèce à l’autre si ce n’est la couleur qui peut changer. Elles sont championnes pour s’adapter dans de multiples situations et se débrouiller toutes seules.
Les succulentes à racine charnue, ont développé des racines souterraines épaisses qui stockent l’humidité présente dans le sol souvent très pauvre. Ce sont en général des plantes caduques qui perdent leurs feuilles lorsque les conditions de vie sont très difficiles pour réapparaître lorsque les conditions sont meilleures ; ainsi quelles que soient les conditions extérieures, ces plantes survivent. Ainsi les Aloinopsis, ces petites plantes succulentes très basses, les Titanopsis, succulente africaine formant des tapis compacts à la longue floraison décorative etc…
D’autres plantes succulentes ont développé une souche ou une base de tige qui devient volumineuse : c’est le caudex. Chez les Adeniums ou faux baobab, le tronc est ainsi renflé à la base en forme de bouteille caractéristique.