Aquascaping : l'art en bac

Petit Poucet du monde de l'aquariophilie, l'aquascaping consiste à créer des paysages aquatiques à partir d'éléments naturels (bois, roches, sable, plantes, racines...). Autre ingrédient nécessaire à cette activité tout en esthétique : une bonne dose de créativité. Et une âme de décorateur !

botanic aquascaping

Né en Asie dans les années 1990, l'aquascaping s'inspire de la tradition zen. Déclinaisons aquatiques des jardins japonais, les compositions font la part belle aux lignes épurées et aux ambiances naturelles. Le maître en la matière est sans conteste le japonais Takashi Amano (cf précédent article) qui continue à régner sur la planète des aquascapeurs.

Arrivée en Europe il y a une dizaine d'années, la discipline a essaimé en styles variés. « Certains s'amusent à reproduire des décors terrestres en miniature, avec des montagnes, des vallées, d'autres optent pour des décors foisonnant de plantes en créant des formes géométriques et des contrastes, à la manière des jardins terrestres à la française », décrit Pascal Bonetti, aquascapeur averti et auteur pour Animalia éditions, spécialisé en aquariophilie.

À la carte

Plantes, bois, roches, sable, racines... Il existe une grande variété d'éléments que chacun peut agencer selon son goût. Sans obligation aucune : l'utilisation de plantes n'est pas impérative. Il est tout à fait possible de créer des décors composés exclusivement de roches et/ou de bois.

Quant aux poissons, ils ont aussi toute leur place. « Mais contrairement aux aquariums classiques, ils ne constituent plus les éléments principaux du décor, précise Pascal Bonetti. D'ailleurs, mieux vaut choisir des espèces de petite taille pour que l'aquarium paraisse plus grand, et, pourquoi pas, se laisser tenter par des poissons choisis pour leur comportement intéressant plutôt que pour leurs couleurs. » Escargots, crevettes et écrevisses naines apportent une touche d'originalité et contribuent même à l'entretien de l'aquarium. Ils raffolent d'algues.

Rayon équipement

Pas besoin d'avoir un matériel à la pointe pour se lancer ! Un aquarium classique peut faire l'affaire. Il suffit de choisir des plantes et des éléments de décor adaptés. Pas de taille imposée non plus : des grands bacs (plus de 400 litres) aux nano (à partir de 10 litres), l'aquascaping peut se pratiquer à toutes les échelles. Optez de préférence un bac relativement large, cela donne plus facilement une illusion de profondeur au décor.

Une fois l'aquarium choisi, il faut bien réfléchir à l'agencement des plantes, penser à leur vitesse de croissance et à leurs besoins, notamment en éclairage. Pour les mordus, il existe tout un panel de matériel spécialisé : fertilisants spécifiques et diffuseurs de CO2 qui contribuent à la bonne santé des végétaux, éclairages intenses indispensables à la pousse de certaines plantes exigeantes, sans oublier les éléments de décor qui doivent être originaux et d'aspect naturel.

Question entretien, aux tâches classiques (changement d'eau, lavage des vitres) s'ajoute quelques opérations délicates, dont la taille des plantes. Ce travail minutieux demande patience et doigté. Il s'effectue à l'aide de pinces métalliques inoxydables et de ciseaux de précision. L'art du bonzaï en version aquatique...

Bacs de concours

Avis aux futurs adeptes ! Un aquascapeur accompli aime confronter ses créations à celles des autres. « Les connaisseurs, qui sont des amateurs pour la plupart, mais très avertis, participent à des concours, souvent internationaux, soit sur photo via Internet, soit en créant sur place après sélection sur dossier, explique Thierry Ako, du magasin botanic de Suresnes.En septembre dernier, j'ai organisé ici un concours de ce genre. Dix participants sont venus composer, en 4 à 5 heures, un paysage aquatique. » Remportée par Pascal Bonetti, cette première édition sera très certainement reconduite en 2011.

À vos bacs, partez !